Chassé croisé breton

 

 

Chassé croisé breton ou “Un tout petit monde“. 

Les protagonistes en sont les familles MARZIN, PERFEZOU, TOULGOAT et LE BAUT

Dans mes recherches généalogiques, j’ai retrouvé, entre autres :

       un Yann Toulgoat, à Guiscriff en 1670

 un Michel Marzin, à Guiscriff en 1682

     un Hervé Le Baut à Pleyben en 1697.

      un mariage Marzin/Toulgoat en 1744

                                     un mariage Barbe Le Baut / Yves Perfezou en 1764

                                     un mariage Corentin Marzin/Marie-Jeanne Perfezou vers 1890,

       ( les grands-parents de Réjane)

La famille Toulgoat possédait un fief dont trouve encore les traces d’un manoir près de Quimper, datant de 1545, classé monument historique et appartenant à la famille Gouzien. Les armes de la famille sont ornées d’un trèfle à cinq feuilles :

       « Toulgouët : D'or à une quintefeuille d'azur »

Un petit-fils d’un Jean Toulgoat aura une fille qui héritera du domaine et épousera un Jean de Kermabon, sieur de Baud. 

Déjà, sous Louis XIV, au cours de la « Révolte du papier timbré » un ancêtre de la famille Perfezou s’était distingué en étant l’un des 76 à n’avoir pas été gracié par le Roi. Yves Perfezou, en effet, figure sur la  « Liste de ceux que le Roi a exceptés et réservés de la grâce et abolition qu'il a plu à Sa Majesté d'accorder aux auteurs et coupables des désordres et séditions arrivées en Bretagne, depuis le 15ème jour d'Avril dernier jusques à ce jourd'huy.» pour la paroisse de Douarnenez. 

La Révolte du papier timbré est une révolte antifiscale d’Ancien Régime, qui s’est produite dans l’ouest de la France, sous le règne de Louis XIV (d’avril à septembre 1675). La révolte eut plus d’ampleur en Basse-Bretagne, notamment en prenant un tour antiseigneurial sous le nom spécifique de révolte des Bonnets rouges. Elle est déclenchée par une hausse des taxes, dont celle sur le papier timbré, nécessaire pour les actes authentiques.Elle est appelée révolte des Bonnets rouges pour sa partie bretonne, car certains insurgés portaient des bonnets bleus ou rouges selon la région, et également « révolte des Torreben » (« casse-lui la tête»), un cri de guerre qui sert également de signature dans un des codes paysans.

On trouve par ailleurs une certaine Gabrielle Reine Le Gogal de Toulgoat (1715-1778) et c’est au citoyen Gogol de Toulgoat que fut vendu le manoir de Guengat le 26 Ventôse de l’an VI (16 mars 1798). 

Et, pour la petite histoire, c’est un certain Paul Le Baut qui, en 1795, sauva de la destruction l’Eglise de Pleyben en attestant qu’elle était toujours ouverte au culte, alors qu’un René Toulgoat participait à l’inventaire du couvent des capucins de Roscoff et à leur expulsion, le 8 mai 1790. 

Deux familles dont l’une semble plutôt cléricale et l’autre anti-cléricale.

Plus près de nous, c’est un Hervé Le Baut, instituteur, secrétaire de mairie de Saint-Coulitz, près de Châteaulin, qui a signé l’acte de naissance, en 1908, de Marie-Anne Marzin, qui épousera à Montrouge, en 1928, René Toulgoat. Ce seront les parents de Réjane.

Tout cela serait à préciser et compléter….

Sans remonter si haut, contentons-nous des deux dernières générations.

La famille Toulgoat, de Scaër, a émigré au Périgord, au début du XX° siècle, pour des raisons économiques : il y avait des terres à cultiver, comme en témoigne Pierre Jacquez Hélias dans “Le cheval d’orgueil“.  Vers 1920, tandis que les Bretons déploraient ne pouvoir établir leurs jeunes, les paysans du Périgord, regrettaient la désertification de leurs campagnes. Un premier convoi partit de Landerneau le 13 juin 1921. Il fera des haltes pour charger à Châteaulin, Quimper, Rosporden, Quimperlé. Le 10 juin 1924 sera organisé le 8ème et dernier convoi. Fin 1924, la population bretonne en Aquitaine comptait quelque 258 familles, qui s'installeront surtout au sud de Périgueux dans les environs de Sainte-Alvère et Sarlat en Périgord noir. 

Il en a été de même pour la famille Marzin de Saint-Coulitz (près de Châteaulin) qui vint à Sainte-Alvère à cette époque. Pierre Toulgoat y épousera Marie Marzin et René Toulgoat (1902-1968) épousera Marie-Anne Marzin (1908-2003).

Réjane sera leur fille unique.

Quant à la famille Le Baut, elle est restée à Pleyben, ayant quitté la ferme de Stermanach pour tenir un petit commerce de grains. Joseph Le Baut, après la guerre de 14-18, n’ayant pas réintégré le Séminaire du Quimper et obtenu à Paris une licence de lettres classiques, obtint son premier poste de Professeur en Algérie, en 1921, à Blida, où il épousera une jeune collègue Jeanne Estorc. L’un de ses deux fils, Pierre Le Baut  épousera en 1972  Réjane Toulgoat, qu’il rencontra à Alger en 1965.

Comment Réjane a-t-elle connu les dominicains ? et les dominicains d’Alger ? et le Père Le Baut ?

Durant l’année scolaire 1947-1948, entraînée par son amie Paulette Ivernat, elle a assisté à l’office du soir dans la chapelle du Couvent dominicain de Saint Jacques, 35, rue de la Glacière à Paris. A la fin des complies, les religieux, quittant le chœur, venaient, en chantant le Salve Régina dans l’église des fidèles. Parmi les religieux, en tête de la procession, venaient les novices, et parmi eux le frère Marie-Dominique (Pierre) Le Baut. Les dominicains parisiens étaient, à cette époque, les champions de l’Art sacré, avec les Pères Couturier et Régamey. Réjane était très sensible à ce mouvement. Elle écoutait souvent à la radio les sermons du Père Avril, dominicain lui aussi. 

Elle était arrivée le 5 juillet 1962, avec son mari Ammar Guéraïche et leur fils François, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, à l’heure où presque tous les européens quittaient le pays en catastrophe. L’un de ses collègues, professeur d’arabe, Chérif Mokdad, habitait au 92 rue Didouche Mourad, au 4ème étage. Or, au 3ème étage figurait la plaque des Pères dominicains. Aussi bien eût-elle le réflexe de  sonner à leur porte, en janvier 1965. Ce fut le Père Prieur, Pierre Le Baut, qui lui ouvrit la porte et l’accueillit. François me désignait comme « le Père qui chante à la radio » car je prêchais régulièrement à la messe radiodiffusée de Sainte-Elisabeth. J’ai assisté aux premiers pas de Sophie, née en 1964. 

Nous découvrîmes par la suite, après note mariage en 1972, que la maman de Réjane, Marie-Anne Marzin, était née à moins de dix kilomètres  (Saint-Coulitz, près de Châteaulin) du village (Pleyben) dont la famille Le Baut est originaire, et tous ces liens familiaux tissés depuis des siècles. 

Un vrai chassé-croisé breton. 

Un tout petit monde  vraiment !

 

 

 

Fait à Montrouge, le 4 février 2009, anniversaire de Réjane

 

 

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