Clochers et minarets

Clochers et minarets au regard de la simple raison.

 

 

On fait beaucoup de bruit autour de la votation suisse interdisant l’édification de minarets sur les nouvelles mosquées. Et chacun y va de sa querelle. Et chacun, intégriste ou tolérant, prêche pour sa paroisse ou se réclame de la laïcité : celle qui tolère tout comme celle qui refuse tout. Des clochers et des minarets, ni clocher ni minaret, ou l’un sans l’autre et l’autre sans l’un. Bref, on est en plein irrationnel.

 

Il faudrait peut-être se demander quelle est la finalité de ces érections, quelle sont leurs fonctions. La première finalité est de diffusion de l’appel à la prière pour des fidèles qui n’ont pas, qui n’avaient pas d’autre repère, et ce dans une société homogène ou majoritaire dans ses rites. La seconde est de localisation, de désignation du lieu de rassemblement pour la prière.

 

Aujourd’hui il y a des panneaux signalétiques, et chacun a sa montre. En outre les fidèles soucieux de se rendre à l’heure dite au lieu dit sont fort loin d’être majoritaires dans nos sociétés. Et le principe de respect des libertés incite à ne pas imposer à autrui ses propres règles.

 

Quelle est la contrainte la moins contraignante : tout imposer à tous ou ne rien imposer à quiconque ?

 

Le passé existe, les monuments anciens aussi témoins d’une ancienne foi. L’héritage n’est pas à effacer, ni les châteaux, ni les abbayes, ni les pyramides, ni les obélisques, pas plus que les églises et les mosquées[1]. Et si la foi est toujours vivante, elle ne perd rien de sa vigueur, de sa ferveur, à respecter l’autre. C’est pourquoi cette votation suisse n’est pas scandaleuse, à moins, - ce qui est malheureusement très probable – qu’elle ne signifie un ostracisme qui n’ose pas dire son nom envers l’Islam, qui lui-même n’est sans doute pas exempt de toute arrière pensée : esprit de revanche sur l’Occident dominateur et sûr de lui, et certitude d’être le sceau de la révélation.

 

Conclusion ? Que les autorités en charge du bien public et de la tranquillité des citoyens prennent la même mesure pour tous les cultes. Dans cet esprit, on peut toutefois accepter que les horloges de nos mairies sonnent l’heure, qui est la même pour tous…

 

 

01 – XII – 2009.

Pierre Le Baut.



[1] Petite question en passant : pourquoi les synagogues n’ont-elles pas de signe extérieur pointé vers le ciel ? Sans doute parce qu’elles sont conçues avant tout pour abriter l’Arche sainte qui contient les rouleaux de la Torah. Peut prétendre au titre de synagogue toute pièce où peuvent se rassembler dix hommes pour prier et étudier.

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