Derniers jours avant l'indépendance de l'Algérie

Éléments de témoignage de Pierre Le Baut

sur la période allant

des Accords d’Évian, le 19 mars 1962,

au 1er  novembre 1962

8e anniversaire du début de la guerre d’indépendance algérienne.

 

 

Champignons sur lit de fumier 

J’ai entendu dire récemment que des champignons comestibles et savoureux naissaient, et se développaient sur un lit de détritus, de crottin de cheval par exemple. Cela ne rend pas comestible pour autant les détritus. On peut et on doit penser et dire que le système colonial était intrinsèquement pervers et qu’il fallait le combattre. Et l’on ne peut le défendre implicitement en soulignant qu’il a eu quelques effets positifs. Ce n’est pas pour autant la condamnation individuelle de tous ceux qui sont nés dans cette condition de colons.

Brefs jalons biographiques

En 1882, mes arrière-grands-parents maternels ont quitté leur petit village pauvre des Assions pour se joindre à un convoi de trente six autres familles de l’Ardèche convaincues d’aller trouver un meilleur sort en Algérie, une petite concession territoriale leur étant octroyée à condition d’y résider et d’y travailler personnelle-ment la terre durant au moins cinq ans avant d’en devenir propriétaires. Ils s’établirent à Azazga, en petite Kabylie. Mon arrière grand-père, Alexis Roche, y est mort des fièvres en quelques mois. Ma grand-mère, Mathilde-Sophie,  âgée de 14 ans était restée en France. Elle ne rejoignit sa mère qu’après avoir passé son Brevet et le concours des Postes en 1886. Affectée à Alger à sa demande, elle y rencontra mon grand-père, Urbain-François Estorc, originaire de l’Aude, qui, à la fin de son service militaire dans les transmissions (sémaphore) au Sahara, avait choisi de rester en Algérie, fonctionnaire aux PTT. Il y finit sa carrière comme Receveur des Postes à Blida.

Ma mère, Jeanne, fit de brillantes études secondaires et supérieures à Alger où elle obtint une licence de sciences en 1919.

Mon père, Joseph, Breton de la région de Quimper, après son service militaire et quatre années de guerre, de 1911 à 1918, passa en Sorbonne deux licences de Lettres (français-latin-grec) et d’Histoire-Géographie, à la suite de quoi il fut nommé à Blida, où il rencontra ma mère, où naquirent mon frère Yves en 1923 et moi en 1925. Nos parents furent bientôt, en 1928, nommés à Philippeville - Skikda où ma mère devint directrice du Collège de jeunes filles et mon père professeur au Collège Colonial de garçons.

Ma mère mourut en 1938 à l’âge de 39 ans, de maladie de cœur[1]. À sa demande, mon père fut nommé à Alger pour se rapprocher de nos grands-parents maternels retraités. Mon frère passa le concours de l’Ecole Navale, entra dans la marine, et moi, avec une licence de philosophie passée par précaution sur insistance de mon père, je rejoignis les dominicains de Paris pour huit années de noviciat et d’études de philosophie et de théologie, couronnées par une licence de philosophie scolastique et un lectorat de théologie.

Au terme de ces études j’eus la surprise et la joie d’être assigné au couvent d’Alger, alors que le Père Congar[2] m’avait fait entreprendre l’étude du russe pour le seconder dans son apostolat œcuménique. À 30 ans me voici de retour à Alger, benjamin d’un couvent d’une quinzaine de religieux, prédicateurs de leur métier dans l’Eglise : “Frères prêcheurs” est leur dénomination officielle. C’était en 1955,  au début donc de la guerre d’Algérie. Je commençai par y être aumônier du lycée Émile-Félix Gautier (Omar Racim aujourd’hui) où j’avais fait mes études, où mon père avait enseigné,  puis aumônier de la Paroisse Universitaire où je retrouvai certains de mes anciens professeurs. 

À Alger, les dominicains étaient alors politiquement à peu près tous dans la mentalité des Français d’Algérie, à savoir … pas très proches de la révolte algérienne contre la colonisation ! Après les événements du 13 mai 1958, l’hystérie du Forum, notre Prieur, que nous venions d’élire pour trois ans, homme très libéral, venant des Editions du Cerf à Paris, ne supporta pas l’atmosphère ni de la ville, ni du couvent, et demanda à être relevé de ses fonctions “pour raisons de santé”. Il fallut procéder à de nouvelles élections, car chez les dominicains, ordre très démocratique, tous les supérieurs sont élus, pour trois ans, renouvelable une fois. J’étais le plus jeune, 33 ans, et le seul “pied-noir” de la communauté. Lorsqu’il fut question de m’élire, je déclarai au Père Provincial, mon supérieur, que je ne pourrai jamais assumer cette responsabilité avec un certains nombre de Pères plus âgés et par trop impliqués dans la mentalité Algérie française.  Il me promit de leur donner une nouvelle assignation si j’étais élu. Et je fus élu le 15 octobre 1958. Le Provincial m’envoya un mot me félicitant et m’assurant qu’il tiendrait parole. Dans les jours qui suivirent, les cinq Pères “ingouvernables” par moi furent assignés à d’autres couvents en France.

Me voici donc, supérieur de la communauté, “Prieur” et chargé entre autres de la Prédication du dimanche à la Messe radiodiffusée d‘Alger. J’assumerai cette prédication pendant une bonne dizaine d’années - j’ai conservé le texte de 250 sermons de cette période - avec  tous les problèmes qu’elle pouvait soulever de fidélité au message de l’évangile, mais aussi de témoignage dans une situation compliquée, avec un auditoire considérable et dans l’ensemble hostile à l’idée d’indépendance, hostile également aux positions de l’archevêque, futur Cardinal Duval,  dont j’avais la pleine confiance.

Durant toutes ces années, mon père vivait seul dans son appartement du centre ville, rue Hoche. Très sincèrement pieux et ouvert au nom de l’évangile à l’émancipation de l’Algérie et des Algériens. Il faisait partie des Conférences Saint Vincent de Paul, visitait les malades et blessés à l’Hôpital de Mustapha, condamnait toutes les violences, dont celles de l’OAS ! Il continuait ses activités ordinaires, faisant tous les jours son marché à Clauzel ou à Meissonnier, se rendant au Marché de Chartres chez les brocanteurs  et libraires d’occasions, et chaque semaine sur la tombe de ma mère au cimetière de Saint Eugène. Il restera  à Alger tant que sa santé le lui permettra, jusqu’en 1966. Âgé alors de 75 ans il se rapprochera de la belle famille de mon frère, à Nantes. Depuis des années, il tenait son Journal qu’il appelait son diaire, très régulièrement une page de sa fine écriture régulière sur des Agendas, type agendas des grands magasins : Bon Marché, Galeries Lafayette, etc. J’en ai récupéré une vingtaine. Il y rapportait les événements quotidiens. C’est une source rare par sa continuité et un repère pour nos mémoires défaillantes.

De mon côté, au Couvent, je tenais une Chronique quotidienne comme c’est la coutume dans presque tous les couvents, relatant les événements marquants de la communauté, les différentes prédications des Pères et de l’actualité très mouvementée de cette période. On peut donc y suivre, au jour le jour, la vie algéroise pendant ces années tumultueuses de la guerre d’Algérie.

J’y noterai plusieurs événements significatifs. Ce sont là deux sources distinctes et convergentes qui permettent de revivre cette période. 

 

Relevé dans le diaire de mon père :

Samedi 17 mars : Vers 5 heures, 4 explosions dans le voisinage. Grève généralisée après les attentats d’El-Biar (école). Pharmacies particulièrement visées (préparateurs musulmans, précisera la radio à midi). Postant mes lettres à la Poste de la rue Meissonnier après un tour à Clauzel, abordé par un Kabyle qui me félicite de mon geste de charité pour un mendiant indigène. Le cessez-le-feu est toujours en pénible gestation. Que va-t-il en résulter ?

 Geste rare, en effet, et sans doute “choquant” pour certains prétendus bons chrétiens…

Le dimanche 25 mars Monseigneur Duval prêche à la radio. À son arrivée plusieurs fidèles (une cinquantaine) n’entrent pas à la chapelle ou en sortent. L’Archevêque n’ose pas lire le télégramme qu’il vient de recevoir du Vatican, qui disait :

« Les événements douloureux qui ensanglantent l’Algérie viennent altérer la satisfaction que nous avions ressentie à la signature des accords qui annonçaient la paix tant attendue. STOP. À la pensée des nouveaux deuils frappant les populations de cette terre qui nous est si chère et où tant d’énergies se sont heureusement dépensées, nous supplions Dieu de ramener la concorde dans les esprits. Que les cœurs s’ouvrent aux exigences de la conscience et que cessent ainsi les combats fratricides. STOP. Invoquant la divine miséricorde sur toutes les victimes, nous vous envoyons ainsi qu’aux familles et à tous vos fils en Dieu une très paternelle bénédiction apostolique. JEAN XXIII, pape. »

On ne pouvait plus clairement condamner, bien qu’en termes ecclésiastiques, les tenants de l’OAS et rappeler à une conscience chrétienne les tenants du système colonial.

Le futur Jean XXIII, cardinal Roncalli, Nonce Apostolique à Paris était venu à Alger en 1950 et avait prêché à la messe radiodiffusée de Sainte Elisabeth. Mon père y était et s’en souvint. J’en ai une photo.

Vendredi 13 avril : Je suis assez soucieux de la cotisation OAS qu’un collecteur est venu récemment demander, en mon absence. Un tract dans ma boite aux lettres fixe la cotisation familiale à 20 NF par mois. Je suis fermement décidé à la refuser, mais ne suis pas tranquille sur les conséquences. … Je vais à la Poste Meissonnier pour acheter des timbres. A mon retour, grosse foule autour d’une auto où vient de se faire un attentat, puis, pendant ma sieste, vers 15 h. 4 coups de feu. Nouvel attentat sur une auto occupée par des musulmans rue Michelet. 

Samedi 28 avril : Vers 11 h.15, 5 détonations toutes proches me font sursauter et m’écrier : “Pitié mon Dieu pour la victime de ce nouvel attentat ajouté à tant d’autres”. Dans la rue, Jean-Claude Vénézia qui me raconte la mort de sa cousine, tuée mercredi à son balcon par une balle, lors d’une opération des CRS dans son quartier (Champ de manœuvres), la quarantaine, non mariée, vivant avec son père, 92 ans. Pitié !

 Dimanche 29 avril : A Ste Elisabeth, puis avec Pierre au couvent, où 140 carreaux ont été brisés et les portes endommagées par le plastiquage d’une villa voisine… A la Conférence Saint Jean de Dieu, Mr Casso m’apprend que notre confrère Garcia a été tué hier de balles dans la tête. Il est à la morgue. J’y vais aussitôt. Il a la tête bandée. Famille en pleurs. Il est revêtu de la robe franciscaine qu’il avait recommandé à son fils Gabriel de demander à Mr Zipcy s’il lui arrivait malheur. C’est lui pour qui j’ai crié hier : “Pitié mon Dieu” en entendant les coups de feu dans le voisinage. Qui l’a tué ? Personne n’ose même le demander. FLN ou plutôt OAS !

Jeudi 3 mai : Messe à 7 h. Bilan catastrophique de la journée d’hier, la plus meurtrière de la “guerre d’Algérie” : 120 morts et autant de blessés, la plupart dockers, touchés devant le Centre d’embauche par l’explosion de la voiture “infernale”, qualificatif employé par le Haut Commissaire Christian Fouchet dans son allocution de ce soir où il donne un sérieux avertissement aux “Français et chrétiens d’Algérie”.

Samedi 5 mai : Passant rue Michelet j’aperçois un rassemblement au dessus de la rue Pichon : j’ai le pressentiment d’un attentat, et de fait, au milieu de la rue, lamentable, un pauvre corps de musulman qui vient d’être abattu et dont personne n’ose s’approcher.

Ce que mon père n’écrit pas là, mais qu’il m’a dit, ce jour-là ou un autre, c’est qu’il avait eu le geste (je dirais presque le courage, en fonction de l’attitude des autres passants) de s’agenouiller en pleine rue devant le corps d’une victime musulmane de l’OAS…

 

Relevé dans la chronique conventuelle.

Dimanche 27 mai : Pendant le week-end, 21 écoles d’Alger ont été incendiées : c’est sans doute ce qu’on appelle la défense du bien commun ! Cet après-midi, les jeunes de notre paroisse,  fils des meilleures familles ( !) devant partir le lendemain en métropole sont venus saccager et détruire le foyer paroissial installé cet hiver, “pour qu’il ne tombe pas entre les mains des fellouzes”. Cela en dit long sur la mentalité collective algéroise (et l’efficacité de notre prédication). 

 Samedi 9 juin : Il ne reste rien des 500.000 volumes de la Bibliothèque des facultés et le bâtiment central de l’Université est détruit à peu près totalement. Depuis 15 jours 48 écoles à Alger ont été incendiées.

 Je note ici une anecdote très personnelle que je n’avais pas signalée dans la Chronique du couvent.

Il est des jours, en effet, où des écailles vous tombent des yeux. Ce fut le cas pour moi le 5 juillet 1962, fête nationale de l’indépendance algérienne, après le référendum du 2 juillet. Dans l’euphorie de cette paix et pour participer à la liesse populaire, dans la matinée, je décidai d’aller me mêler à la foule algérienne et de parcourir la ville. Je descendis donc des hauteurs du chemin Laperlier et en arrivant au Carrefour Télemly Saint-Saëns, en haut de la rue Claude Debussy, je fus doublé par un camion débâché, empli de jeunes filles algériennes, arborant des drapeaux vert et blanc et lançant à gorge déployées leurs youyous triomphants. Je dois dire que j’étais en costume dominicain,  c’est-à-dire en grande robe blanche, rappelant celle des Pères Blancs, et donc symbole d’une mission de conversion. En me voyant, ces filles enthousiastes me gratifièrent d’un immense et collectif “bras d’honneur” qui disait bien ce qu’il voulait dire ! Le coup fut tel pour moi, vêtu surtout de ma bonne conscience d’européen libéral,  que je réalisai en un instant ce que signifiait objectivement mon costume et que j’étais l’incarnation du troisième des trois M qui symbolisent la conquête coloniale :

Militaires, Marchands, Missionnaires.

ou les trois :              Conquête, Commerce, Conversion.

Aussitôt, je revins sur mes pas, remontai au couvent et m’habillai en civil. Je redescendis en ville et traversai tout Alger de la rue Michelet à la Place du Gouvernement et la basse Casbah, entrainé par une foule rayonnante de joie et de fierté.

Le lendemain je notai seulement dans la Chronique conventuelle:

Vendredi 6 juillet : Hier soir message en français du Pape présentant ses vœux à l’Algérie indépendante. Dans la nuit la statue équestre du Duc d’Orléans, de la Place du Gouvernement, a disparu[3] ! Ce matin la Cathédrale a été envahie par un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants musulmans qui en ont fait le tour à l’intérieur avec quelques youyous. La force locale les fait évacuer. Hier la statue de Jeanne d’Arc, près de la Poste, était revêtue d’un voile blanc, coiffée d’un foulard vert et brandissait le drapeau algérien ! La statue du Maréchal Bugeaud, place d’Isly a été,  elle aussi, enlevée.

Jeudi 19 juillet : La Loi électorale de la Constituante est publiée ce matin. Sur 196 députés il y aura 16 députés européens, dont 3 pour Alger. Chez les européens seront électeurs les natifs d’Algérie ou ceux qui y séjournent depuis au moins 20 ans. Dans la communauté dominicaine seuls seront concernés le Père Chavanes et moi-même.

 [Ultérieurement, pour avoir droit à la nationalité algérienne au titre des Accords d’Evian, il faudra et suffira d’avoir été inscrit sur les listes électorales. Le Père Chavanes et moi-même en ferons la demande et obtiendrons ainsi la double nationalité.]

Mardi 24 juillet : Hier soir, fusillade en ville en divers points. Affolement dans la population européenne. Les plus accrochés à l’Algérie songent à partir si le désordre continue.

Mercredi 25 juillet : Déclaration épiscopale à la radio : Mgr Duval proteste contre les ections à l’encontre des européens.

Vendredi 3 août : Arrivée “délirante” de Ben Bella et du Bureau politique à Alger sous les applaudissements, les youyous et les cris de Ben-Bella-Ya-Ya.

Jeudi 16 août : Les journaux publient un appel du Pape pour la paix en Algérie.

Vendredi 17 août : nous recevons l’abbé Schiano, curé de Staouéli, desservant la paroisse de Guyotville depuis que son presbytère a été détruit par l’OAS et son église pillée par les musulmans !

Mercredi 29 août : Le Père Le Baut déjeune chez Mgr Mercier, évêque du Sahara. Dans l’après-midi, fusillade en Casbah entre patrouille de la willaya IV et commando de Yacef Saâdi. Couvre feu à 20 heures. Manifestations  populaires sur le ton de “Ça suffit”.

Vendredi 31 août : Meeting populaire organisé par l’UGTA sur le thème : “Sept ans de guerre, ça suffit !”

Mardi 4 septembre : Arrivée massive au Couvent de locataires musulmans pour nos chambres d’étudiants. 8 depuis hier. Demain nous afficherons “complet” avec 21 ou 22 locataires (dont un seul européen), mais pour la plupart de ces messieurs qui ne travaillent pas encore ou ne sont pas encore payés, reviennent du maquis ou sortent de prison, il faudra diminuer le prix de la location…

Mercredi 5 septembre : la crise politique algérienne est (provisoirement ?) terminée : Alger, ville démilitarisée, les willayas réconciliées, le Bureau politique réinstallé.

Jeudi 20 septembre : Elections à la Constituante (liste unique FLN)  et référendum donnant ses pouvoirs à cette assemblée.

Mercredi 3 octobre : Mgr Jacquier communique “sub secreto” au Père Prieur, le 1er volume des schémas de constitutions qui seront soumis au Concile, pour avoir son avis éclairé de théologien.

Jeudi 11 octobre : Ouverture du 2e Concile du Vatican.

Samedi 3 novembre : Hier, l’ancienne Cathédrale d’Alger est redevenue Mosquée (Ketchaoua). On y a célébré solennellement la prière du Vendredi.

  Il faut se souvenir que la Cathédrale d’Alger avait été construite à l’emplacement et avec les matériaux d’une mosquée. Juste retour des choses donc !

Samedi 10 novembre : Les journaux annoncent l’assassinat de la Supérieure des sœurs missionnaires de Marie, à Hydra. Le motif semble être le vol…

 Le 4 décembre,  le Père Chavanes inaugure une série de 5 conférences sur le thème : Islam et christianisme.

  *****

Lettres du Cardinal Duval à Pierre Le Baut        

Après mon élection comme Vicaire Provincial du Monde Arabe.

Archevêché d’Alger.

Rome, le 10 avril 1970.

Mon bien cher Père,

Je regrette que vous abandonniez la responsabilité des émissions. Je reconnais cependant que vous êtes extrêmement chargé de travail ; à cause de cela seulement je n’insiste pas. Je vous parlerai de votre remplacement à mon retour de Rome. En attendant, je vous confie que nous avons pensé au Père Claverie. Vous me direz si ce choix aurait votre agrément.

Il est de mon devoir de vous dire la reconnaissance de l’Eglise d’Algérie et ma reconnaissance personnelle pour ces 12 années de dévouement à nos émissions catholiques. Vous avez su, en notre situation particulièrement délicate, unir une discrétion nécessaire à un authentique témoignage. Un désir : que vous acceptiez que votre successeur vous conserve dans la liste des prédicateurs, dans la proportion que vous souhaiterez.

Bien votre affectueusement en N. S.

† Léon Etien. Duval.

Deux mois après mon départ d’Alger, lettre au Père Voreux, nouveau supérieur des dominicains d’Alger.

Archevêché d’Alger.

Alger, le 26 novembre 1972.

Mon bien cher Père,

… Je garde pour notre ami commun toute mon estime, ma reconnaissance et une affection sincère ; je lui demeure uni par la prière ; en toutes circonstances il pourra compter sur moi.

Veuillez agréer, mon bien  cher Père, l’expression de mon cordial attachement en N.S.

† Léon Etien. Duval.

Sept mois après mon mariage.

Archevêché d’Alger.

Alger, le 20 avril 1973.

Bien cher ami,

Aujourd’hui je reçois cette lettre qui vous est destinée. Je m’empresse de vous la faire suivre. Je profite cde cette occasion pour vous dire que je vous garde une vive gratitude pour le bien que vous avez fait à Alger et en Algérie. Si nous avons eu - ce qui est normal - des points de vue différents, ce fut sur des points secondaires ; pour l’essentiel je me suis toujours senti soutenu par vous. Croyez que je vous garde une bien sincère affection, et que, au plan de la pensée, du cœur et de la prière, je considère qu’il n’y a rien de changé entre nous.

Je vous souhaite une bonne fête de Pâques et vous présente, bien cher ami, l’expression de mes sentiments les plus cordialement dévoués.

† Léon Etien. Duval.

  

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 



[1] Plusieurs années après l’indépendance, son portrait était encore au mur du bureau de la Directrice du collège de jeunes filles de Philippeville et me fut rendu par le nouveau principal des deux collèges : Jean Delanglade.

[2] L’un des initiateurs de l’œcuménisme catholique, dont j’avais été l’élève et le disciple, expert au Concile Vatican II et futur cardinal.

[3] Cette statue est réapparue de longues années plus tard, à Neuilly, Place du Duc d’Orléans, installée par le Maire Achille Peretti en 1981 ! 

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